SVFAB

Bases, recherche


Ce qui nous légitime — et ce que nous mesurons

Le SVFAB ne mesure pas selon ses propres critères. Nous mesurons selon les critères que le droit, la science et la SSR elle-même ont établis.


1. Le cadre légal : art. 4 LRTV

La loi fédérale sur la radio et la télévision (LRTV) oblige les diffuseurs concessionnaires, à son art. 4, à présenter les faits « de manière fidèle et en reflétant la diversité des opinions » et à ne pas exercer d’« influence unilatérale en faveur d’un parti ». Cette norme n’est pas un vœu pieux — c’est du droit suisse en vigueur, La surveillance incombe à l’Autorité indépendante d’examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP).

Le SVFAB opérationnalise ce mandat légal : nous traduisons l’« équilibre » d’une impression subjective en critères mesurables et documentables.


2. Ce que la SSR elle-même a reconnu comme référence

En 2016, la SSR a mandaté le Gottlieb Duttweiler Institute (GDI) — l’un des instituts de recherche les plus renommés de Suisse — pour réaliser une étude fondamentale sur son avenir. Le résultat : l’étude « Öffentlichkeit 4.0 – L’avenir de la SSR dans l’écosystème numérique » (GDI, Rüschlikon/Zurich 2016).

Le GDI y a défini le noyau normatif du mandat de la SSR :

« Un service public médiatique n’a pas pour mission de transporter des contenus déterminés dans les esprits de la population. Il fonctionne comme une plateforme où le sens émerge d’un échange commun. »

Le critère de qualité le plus important, selon le GDI, est la performance d’intégration : la capacité d’un média à inclure différents groupes sociaux dans un discours commun — sans favoriser certaines positions.

Le GDI a expressément recommandé de vérifier cette performance d’intégration à l’aide de critères mesurables. La SSR n’a jamais mis en œuvre cette recommandation.

Le SVFAB le fait.


3. Ce qui se passe quand l’équilibre fait défaut

Le GDI a documenté les dommages sociétaux d’une couverture médiatique unilatérale à l’aide de recherches internationales. Une étude de la Farleigh Dickinson University (2012) a montré que les consommateurs réguliers d’une chaîne d’information partisane étaient moins bien informés sur les faits politiques que des personnes qui ne suivaient aucune information. Les mieux informés étaient les auditeurs de la radio publique non commerciale NPR.

Le GDI en a conclu : lorsque les médias de service public ne remplissent pas leur fonction d’intégration, il en résulte une ségrégation médiatique — et une division sociale.

L’art. 4 LRTV n’est pas un appendice bureaucratique. C’est une protection de la démocratie. Le SVFAB vérifie si elle est respectée.


4. Le SVFAB dans le contexte de la recherche : complément, pas concurrence

L’Institut de recherche sur la sphère publique et la société (fög) de l’Université de Zurich publie chaque année l’Annuaire Qualité des médias — la référence scientifique faisant autorité en matière de qualité journalistique en Suisse. Le fög mesure le soin journalistique, la diversité et la pertinence d’un point de vue académique.

Le SVFAB complète cette approche par une autre question : Les positions de la population sont-elles proportionnellement représentées ? Non pas si un reportage est journalistiquement soigné — mais si l’ensemble de la programmation reflète la diversité des opinions de la société, comme l’exige l’art. 4 LRTV.

Les deux approches sont complémentaires. Le fög mesure la qualité de chaque reportage, le SVFAB mesure l’équilibre de l’ensemble de la programmation dans le temps.


5. La méthodologie SVFAB

Le SVFAB analyse les émissions de la SSR (Tagesschau, Rundschau, 10vor10, Arena, etc.) au moyen d’un procédé assisté par IA portant sur 15 techniques documentées de couverture déséquilibrée : du framing et du choix sélectif des mots à la sélection des experts et à la culpabilité par association, en passant par le timing et le cadrage temporel.

L’analyse est reproductible, transparente et vérifiable : chaque constat renvoie à la minute et à la seconde de l’émission — chaque constat est vérifiable de manière indépendante.

En mars 2026, la base de données SVFAB contient plus de 25’000 émissions analysées.


6. Ce que le SVFAB n’est pas

Le SVFAB n’est ni un comité politique ni un groupe d’intérêt. Nous ne critiquons aucun parti et n’en soutenons aucun. Nous mesurons — selon des critères que le droit, la science et la SSR elle-même ont reconnus comme contraignants.

Notre objectif est une SSR qui réponde à ses propres exigences.


Sources : Loi fédérale sur la radio et la télévision (LRTV), RS 784.40, art. 4 · GDI Gottlieb Duttweiler Institute (2016) : « Öffentlichkeit 4.0 », sur mandat de la SSR · Institut de recherche sur la sphère publique et la société (fög), Annuaire Qualité des médias 2015 · Farleigh Dickinson University (2012) : étude sur le niveau d’information selon la consommation médiatique


Scientific Publications

The SVFAB methodology is documented in scientific papers, freely available on SSRN:

Paper 1 — Framework

Schlaepfer, David (2026). Systematic AI-Assisted Analysis of Public Broadcaster Impartiality: A Scalable Methodological Framework for Measuring Structural Bias in Public Service Media.

SSRN: ssrn.com/abstract=6688478 · DOI: 10.2139/ssrn.6688478

Paper 2 — Noise Detection (Suppression Index)

Schlaepfer, David (2026). Measuring Editorial Noise: A Retrospective Suppression Index for Public Broadcasting Content Analysis.

Results: svfab.ch/detection-bruit · SSRN: ssrn.com/abstract=6733280

Paper 3 — Feu tricolore des sources & matrice de crédibilité

Schlaepfer, David (2026). The Source Traffic Light: A Six-Dimensional Credibility Framework for Systematic Source Assessment in Public Service Media.

SSRN: ssrn.com/abstract=6733880 · DOI: 10.2139/ssrn.6733880


Rapport méthodologique — téléchargement gratuit dans notre boutique